Certains me disent qu’il ne faut plus tergiverser. Il est paraît-il nécessaire de faire le point tout de suite. Séance tenante, il convient de distinguer les gros, des petits. Car paraît-il ce sont les gros qui prennent toute la place. On ne voit plus qu’eux. Ils occupent tout l’espace au point de rendre opaque le ciel économique... La scène n’est pas assez grande pour eux. Va pour les gros me suis-je dis… Et de ce pas, je me suis mis en quête de voir quels étaient les gros et où se trouvaient les petits. Je suis donc allé visiter le plus gros, celui que certains pourfendeurs vilipendent, le Medef.
L’information est de taille : Je vous la donne comme je l’ai reçue. Le ventre du gros est rempli de petits !
Il est clairement indiqué que sur 2.352.740 entreprises recensées en France, les entreprises de moins de 20 salariés sont au nombre de 2 271 740. De qui s’agit-il ? De vous et de nous. Ce sont ces chiffres là qui concernent les artisans, les commerçants, les SARL, les SA familiales et autres. Ce sont eux qui constituent le moteur, le ventre du pays. Que la situation soit claire, nous sommes en présence de 96,5 % des entreprises françaises ! (Hors le secteur agricole et financier).
Mais ce n’est pas tout ! 98,8 % du marché est constitué par les entreprises de moins de 50 salariés…
Restent 1,2 % d’entreprises de plus de 50 salariés c’est à dire 27.000 entreprises ! Un dernier point : sur ces 27.000 entreprises, seules 1.930 d’entre elles emploient plus de 500 salariés !
Dés lors, il faut renverser la vapeur : les petits aussi doivent se faire entendre des pouvoirs publics, politiques, des administrations et des fonctionnaires, des collectivités, de la presse etc. Tous ces hommes de pouvoir croient - parfois - que ces chefs d’entreprises sont des nantis, voire des nababs. Pire encore, les petits se voient imposer les mêmes contraintes, les mêmes obligations, les mêmes lois du marché que les gros… Or, les petits n’ont pas souvent les moyens de résister et de faire face à toutes leurs obligations !
Avec une équipe réduite - celle d’une PME - c’est au quotidien, l’obligation de mettre en œuvre un plan de développement, la vente des produits, ou des services, leur mise en œuvre dans un processus Qualité etc … Sans oublier de faire le ménage - au propre et au figuré - car la comptabilité, les déclarations et le suivi financier - ne sont pas non plus de minces affaires. ! Du coup les petits n’ont plus le temps de penser qu’ils existent vraiment. Il faudrait qu’ils regroupent leurs forces isolées et prennent plus complètement conscience qu’ils représentent le grand secteur des salariés : 14 millions d’emplois ! Ils sont ainsi à la tête de tous les ingrédients de la réussite. Ils disposent du savoir faire mais ne savent pas le faire savoir… D’autant que - il faut bien le dire - les gros eux - peuvent faire parler d’eux. La grande presse leur permet régulièrement de se tailler « la part du lion ». Il est vrai que la Fontaine l’avait déjà précisé. En s’adjugeant la première part le roi des animaux dit pourquoi il en est ainsi :
« Elle est à moi dit-il et la raison, c’est que je m’appelle lion. »
Gérard Gorrias
Maître en Droit
Directeur du développement de France Créances
Ancien Président de l’ANCR
Co-auteur du « Lexique Juridique pour l’Entreprise »
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