Leurs journées valent – ou coûtent - des millions.
Les syndicats et la grande presse viennent de nous rapporter que la journée du 4 octobre 2005 restera parmi les grandes journées d'action, voire même qu'elle serait à classer parmi les grandes grèves mobilisatrices.
Rien n'est plus juste que de remettre les événements dans leur contexte historique. Cela est vrai pour la météo ou les consultations électorales. L'analyse historique permet d'éviter les exagérations et les invraisemblances. Cela est d'autant plus important qu'il convient de rappeler à ceux qui vivent « dans le confort d'aujourd'hui » , que celui-ci est dû à ceux qui avaient de « vraies raisons de se battre » hier.
Il y a lieu d'entendre aussi par là que « l'état d'esprit » n'est plus le même car les revendications n'ont plus le même sens. Un signe de cette affirmation ? En 1947, il est aisé de constater sur les tableaux ci-dessous que plus de 23 millions de journées sont considérées comme non travaillées, dans le secteur public tandis que ce chiffre – qui ne cesse de s'amoindrir, sauf en 1968 – est légèrement supérieur 2 millions en 1995, qui pourtant avait été, surtout sur la fin, une année « chaude ». Dés lors, les manifestations d'aujourd'hui ont tendance à de plus en plus ressembler à des rencontres habituelles - ou rituelles - placées à l'entrée du Printemps et de l'Automne. Aux ides de Mars , les Romains se réunissaient déjà par habitude.
Sans remonter à la fameuse « grève des canuts » (Lyon 1931) les tableaux ci-dessous nous renseignent utilement sur l'évolution des journées non travaillées depuis 1946 …
Pour que ces chiffres soient compréhensibles, il faut savoir que pour obtenir un résultat il convient de multiplier le nombre de salariés par le nombre de jours de participation à un ou à des conflits.
Ainsi par exemple 100 salariés qui participent à 2 jours de conflit = 200 journées non-travaillées.
Note : (*) Pour 2001, 2002 et 2003, les chiffres sont incomplets : Ils prennent compte que les conflits localisés à l'exclusion des grèves pour des motifs nationaux (Comme par exemple le conflit né de la loi Fillon).
Chers abonnés : Conformément à la loi n° 78-17 "Informatique et Libertés", vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant.
Ligne de Crédit est une publication des
Éditions G. SARL de presse, CPS. SIREN 420 672 727. 46, rue d'Artois 75008 PARIS
Directeur de la publication : Gérard Gorrias - Rédacteur
en chef : Christian de Montmagner - Conception et Réalisation : Note Bleue, Ludovic Cluber - Secrétaire de rédaction : Anne Marie Bergé- Ont participé à la rédaction de ce numéro : Nicolas Gorrias, Ludovic Cluber, Gérard Gorrias, Christian de Montmagner, Catherine Hervoüet des Forges, Guillaume Sire, Jean-Yves Gauchet.
Publicités, communiqués de presse, annonces légales, publi-rédactionnels, mailing list : cliquez ici ou 01.42.89.31.02 Diffusion : 800.000 exemplaires