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L’insurrection et les innocents.

S’il est bien un événement qu’il est difficile de passer sous silence en cette période de l’année c’est bien celui que certains historiens ont appelé depuis, « La Tousaint Rouge ». Dans la nuit du 31 octobre au 1 novembre 1954, un groupe d’individus ont décidé d’exactions qui seront ensuite considérées comme le début de la guerre d’Algérie. Ce que d’autres ont désigné ou désignent encore - comme « des événements » - qui devaient être à l’origine de milliers de morts et d’une modification déterminante de la carte sociologique et politique de la France.

Au moment où certains veulent re-écrire l’ Histoire – au point de la gommer ou de la dénaturer – il est important de rappeler la mémoire de ces premiers morts, descendus d’un bus - tous Musulmans - et de l’assassinat du premier civil français, l’instituteur Guy Monnerot. Son nom pourrait être celui qui concilierait tous les intervenants… En sa mémoire d’aucun pourrait décider qu’il représente symboliquement tous ceux qui l’ont suivi dans cette triste destinée. La plupart des morts, comme lui, étaient bien loin dans leurs pensées de la colonisation, de la souffrance des peuples, voire des abus des uns ou des autres…. Lui et des milliers d’autres voulaient simplement vivre ! Rien ne donne le droit à quiconque de priver un Etre, de la Vie. A fortiori au nom d’une idéologie que seuls pouvaient comprendre quelques initiés. Ceux là visaient déjà lors de cette terrible nuit, une place de gouvernant, quand ils n’étaient pas scélérats ou « porteurs de valises ».

Les politiques de l’époque, confrontés à l’histoire en marche n’avaient pas fini de se contredire, entre 1954 et 1962. François Mitterrand, alors Ministre de l’intérieur qui se faisait fort d’arrêter « les hors la loi » qui avaient dés cette première insurrection déclenché une trentaine d’attentas et fait sept morts déclarait le 14 novembre 1954: « Nous ferons tout pour que le peuple algérien, partie intégrante du peuple français, se sente chez lui, comme nous et parmi nous ».

(02/11/2005)
Gérard Gorrias
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