Depuis le numéro 348 de ligne de crédit, il est question dans cette rubrique de constater comment le français se défend sur la toile face à la domination de l’anglais. Pour clore cette série, il convenait de faire un détour du côté des néologismes. Ils foisonnent sur le net et sont pour la plupart le mariage incertain de l’anglais et du français.
Parmi les « nouveaux mots » de cette catégorie, on compte les dérivés du mot anglais « software » signifiant logiciel. Ce mot s’est contracté en de nombreuses formes pour définir des programmes particuliers. Par exemple, les freeware sont des logiciels gratuits (free). Mais les mélanges anglo-français sont parfois étonnants et ont donnés des mots comme les malware (comprenez les méchants logiciels) ou encore les PàPware (les logiciels de Poste à Poste).
Plus accessible et médiatique, nous connaissons le Blog. Mais qu’est ce exactement ? Les premiers blogs sont apparus aux États-Unis à la fin des années 1990. Le blog était alors présenté sous la forme d'un carnet de bord recensant des pages Web au moyen d'une liste de liens que l'auteur avait jugés intéressants, accompagnés de commentaires. Ce concept est maintenant largement répandu et avoir son blog aujourd’hui est facile, gratuit et branché. Pour en revenir à notre sujet, le mot blog est un emprunt à l'anglais, et vient du mot weblog, contraction de web (Toile) et Log (journal). Ce mot anglais n’a pas trouvé d’équivalent français pour le moment, mais ses dérivés se multiplient sur la toile, et génèrent des activités nouvelles avec des termes comme le photoblog (un blog de photo), la baladodiffusion (traduction du podcasting), le videoblog ( un blog de vidéo), le mobiblog, etc.
Et pour finir, parlons du splog ! Non, il ne s’agit pas d’une onomatopée de bande dessinée ou d’un groupe de rap, mais bien d’un terme technique et sérieux. Ce mot est la contraction des mots « spam », « web » et « log » : comprenez un blog à caractère inutile et gênant sur la toile, de par la place qu’il occupe et de par ses fins douteuses ou malhonnêtes. Et encore une fois, nous n’avons pas d’équivalent français, en tout cas pour le moment. Pour une activité moche, on trouve un mot moche, il n’y a pas de hasard.