Défaillances d’entreprises
Des failles dans la reprise Pour la 4ème année consécutive, les défaillances d’entreprises en France ont augmenté l'an dernier, de 3,2% (à 50.242 cas enregistrés), selon l’assureur-crédit Euler Hermes SFAC. C'est le plus mauvais chiffre observé depuis 1998. Principales causes, le fléchissement de la croissance économique et l’importance des créations d’entreprises observées en 2003-2004. Dans un contexte difficile, les comptes des entreprises ont été affectés par les hausses des coûts d’approvisionnement (pétrole, métaux…) et des consommations intermédiaires, qui n'ont pu être intégralement répercutées dans les prix de vente. Résultat, le taux de marge brut d’exploitation se maintient à ses plus bas niveaux depuis 1980, soit 30,4% au 3ème trimestre 2005.
Les petites entreprises de moins de 10 salariés sont les principales cibles des défaillances (plus de 90% des cas). Elles exercent leur activité principalement dans le commerce, les services et le bâtiment, ces trois secteurs concentrant plus de 70% des défaillances totales.
La sinistralité des grosses entreprises s’est aggravée : 106 cas de structures réalisant un CA supérieur à 15 M€ ont été recensé, contre 114 en 2004. « On note cependant une accélération des grosses défaillances en fin d’année, avec 41 cas au 4ème trimestre, contre 19 au 4e trimestre 2004 », constate Marie Christine Schmitt, chargée d’études économiques Euler Hermes SFAC. Les grosses défaillances représentent 3,6 Md€ de CA, et plus de 23.800 emplois menacés (contre 24.800 en 2004).
La plupart des régions sont touchées : 8 régions ont une augmentation des défaillances supérieure à la moyenne nationale, et 3 subissent une augmentation de plus de 10% : les DOM, le Languedoc et la région Centre. Du fait de la concentration de sièges sociaux en Île-de-France, cette région compte un quart des défaillances totales et le plus grand nombre de grosses défaillances (33 sur 106).
Les secteurs les plus touchés sont la construction (+7,4%), malgré un niveau d’activité élevé, et le commerce (+5%, et 23% des défaillances totales). Par contre, l’industrie connaît un recul de ses défaillances (-3,4%), en particulier dans l'agroalimentaire (-5,9%). Mais la situation se détériore dans l’automobile (+26% chez les équipementiers et sous-traitants), dans l’aéronautique, la construction métallique (+41%), la fabrication de machines ou la plasturgie (+9,7%), ainsi que dans le textile (+5%) et la chaussure (+23,6%).
Pour 2006, une stabilisation est prévue par Euler Hermes SFAC : les perspectives économiques semblent mieux orientées, du moins en Europe, et les défaillances de jeunes entreprises devraient avoir moins d'impact. Néanmoins l’entrée en vigueur de la loi Perben de sauvegarde pourrait provoquer en cascade la faillite de nombreux créanciers...
(05/04/2006)
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