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Industrie mécanique

Un millésime qui a dépassé toutes les attentes

En 2006, les résultats des industries mécaniques en vive progression ont détoné par rapport au paysage industriel français. Le chiffre d’affaires de la profession s’est ainsi établi à 95,9 Md€, en progression de 5,6% (3,9% en volume) par rapport à 2005.
La demande étrangère a constitué le moteur principal de cette croissance, permettant aux industries mécaniques d’investir fortement. Alors que le marché intérieur s’est inscrit en hausse (+1,8% en volume), tiré notamment par la mécanique elle-même, les exportations ont de leur côté fortement progressé (+6,3% en volume).

Poursuite des investissements

Globalement, la mécanique a enregistré une progression de ses investissements de l’ordre de 10%, confirmant ainsi la reprise constatée en 2005.
Mais la mécanique dépend aussi de l’investissement des autres secteurs industriels. Sur ce plan, la poussée des investissements mécaniciens n’est malheureusement pas suivie par les autres industries qui ne montrent par ailleurs aucun signe de retour à la hausse en 2007 (-15% en volume pour l’automobile, secteur particulièrement touché en 2006).

Impact des prix des matières et de l’énergie

2006 a également été marquée par une certaine stabilité des prix des matières premières qui restent néanmoins à un niveau élevé. Par ailleurs, malgré la crainte d’une réappréciation de l’euro, la demande étrangère, très vigoureuse, a permis aux entreprises exportatrices de ne pas trop souffrir de cette situation d’incertitude.
Les coûts de la mécanique – peu énergivore – restent faiblement dépendants des évolutions de prix dans l’énergie.
Des inquiétudes du côté de l’industrie automobile

Client important de l’industrie mécanique, l’automobile accuse actuellement une baisse inquiétante, tant dans ses investissements que dans sa production (-8%). En première ligne, ce sont les sous-traitants de pièces et de composants pour les sites français de l’automobile qui sont impactés.

Exportations

Les industries mécaniques ont continué d’améliorer leur position et leur compétitivité à l’international, enregistrant une hausse de 8% en valeur de leurs ventes à l’étranger (contre +6,2% en 2005) à 42 Md€ (soit +6,3% en volume). La part de CA à l’export a atteint 43% l’année dernière.
La compétitivité et le dynamisme de la mécanique française ont fait jeu égal avec ceux de la mécanique allemande.
A l’export, l’Allemagne et la France sont les deux pays gagnants en 2006 par rapport à leurs compétiteurs traditionnels (États-Unis, Grande-Bretagne, Italie).
L’appareil de production allemand est tourné vers l’étranger. Même si la France a amélioré ses positions en 2006, sa présence à l’international reste plus faible que celle de l’Allemagne.
Par contre, le développement allemand se fait beaucoup à partir de composants et de fournitures françaises. Les exportations françaises vers l’Allemagne ont ainsi augmenté de 11,4% en valeur pour l’ensemble des produits de la mécanique et de 16% pour les seules machines et biens d’équipement.

Faiblesse de la structure des entreprises

En France, les entreprises moyennes, seules à même de stimuler la croissance par leurs capacités d’innovation, d’embauche et de développement à l’international, sont encore trop peu nombreuses.
Si la structure de l’industrie mécanique française était identique à celle de l’industrie mécanique allemande, les résultats de nos entreprises pourraient nettement s’améliorer.

Évolutions sectorielles

La sous-traitance enregistre une augmentation de 2,9% de son CA. Cependant, des écarts importants sont à noter en fonction des familles de produits concernées : alors que les articles métalliques, articles de la table, quincaillerie subissent de plein fouet la concurrence asiatique, la chaudronnerie et la construction métallique bénéficient d’une clientèle essentiellement française et sont moins exposées à la concurrence internationale.
L’équipement et la précision demeurent les secteurs les plus dynamiques avec une augmentation respective de leur CA de 8,7% et 4,7%.
Seul bémol, le machinisme agricole, qui a connu une mauvaise année 2006 en France, devrait néanmoins enregistrer un rebond de son marché intérieur en 2007.

Effectifs

Premier employeur industriel de France avec 605 000 salariés, les industries mécaniques ont maintenu en 2006 leurs effectifs grâce à leur croissance.
Le besoin en personnel qualifié déjà très fort, va s’accentuer dans les prochaines années du fait du départ à la retraite de 25% des effectifs de l’industrie d’ici 2015.

Une croissance 2007 sous conditions

Le marché intérieur devrait rester atone en raison de la persistance de la faiblesse de l’investissement industriel. En outre, le renchérissement de l’électricité toucherait les secteurs clients de la mécanique, tels la chimie, la sidérurgie et le papier. Il est donc essentiel pour la mécanique de maintenir, voire amplifier, ses positions à l’international où se situe la véritable croissance. Pour cela, elle devrait pouvoir compter sur un maintien de la demande mondiale à un niveau élevé.
De son côté, l’industrie française cliente de la mécanique connaît depuis plusieurs années une baisse continue de sa compétitivité et gèle en conséquence ses investissements.
La baisse des commandes en provenance de l’automobile devrait quant à elle se stabiliser après sa chute vertigineuse de ces deux dernières années.
Néanmoins, la sous-traitance va continuer de subir les conséquences de la politique de sourcing de ses donneurs d’ordres. Elle devrait enregistrer un taux de croissance très faible en 2007 à l’image de la fin 2006.
Enfin, la demande internationale devrait rester à un niveau élevé et permettre ainsi à la mécanique d’enregistrer un chiffre d’affaires global en croissance d’au moins 4% en valeur en 2007.

Source : Fédération des Industries Mécaniques - www.fim.net
(14/03/2007)
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