« Ce n’est pas développement durable, mais développement soutenable »
Le salon Ecobuilding Performance se tiendra du 18 au 20 septembre à Paris Expo porte de Versailles, à Paris. Réservé aux professionnels, il sera le salon international de la performance énergétique et environnementale des bâtiments et territoires. Rencontre avec Jean-Louis Taieb, commissaire général du salon.
Quels thèmes particuliers, cette année ?
Trois. Le plus intéressant abordera les bâtiments de très grande hauteur. Les autres sont plus classiques : performances énergétiques et performances environnementales. On nous bassine à longueur de journée avec ça : vous ne pouvez pas allumer votre radio ou votre télé sans qu'on vous parle de développement durable. Quand on dit que tout est développement durable, on prend le risque de le banaliser. C'est un vrai problème, mais il n'est peut-être pas traité de la manière la plus sérieuse qui soit. Déjà, il faudrait revenir à la source du développement durable, et à la source même de sa définition : ça vient de « sustainable development », que l’on devrait en réalité traduire par « développement soutenable ».
Et, au milieu de tout ça, des innovations ? Des tendances particulières ?
Bien entendu. Tout est novateur. Nous sommes dans un univers qui va très vite. Tout le monde y a sa chance, des gros industriels aux chercheurs Géo Trouve-Tout. La recherche d'une meilleure économie oblige à trouver de nouvelles solutions. C'est un peu tôt pour parler des nouveautés, on n'est qu'à trois mois du salon. Et, avant de parler de vogue ou de tendance, il faut savoir que le bâtiment est constitué pour l'essentiel de bâtiment existant. Les bâtiments sont très hétérogènes dans leurs modes de construction. Le salon est une plateforme des panachés qui permettent de mettre en oeuvre les meilleures performances.
Le marché français est-il différent des autres ?
Le marché français a été différent ; il est en train de rattraper son retard. Après les années 70-74, où on était dans une volonté de recherche d'économie d'énergie, on est tombé dans un grand moment où on a délaissé la recherche. On a donc pris beaucoup de retard sur les Allemands, les Hollandais, les Suisses, les Anglais, et des tas d'autres. Mais la réglementation et le DPE, le diagnostic de la performance énergétique, sur les transactions et les nouvelles locations, ont fait naître une filière, et ont obligé à quantifier les résultats. Car le consommateur, qui va choisir entre deux produits à peu près similaires en terme d'emplacement et de surface, va privilégier celui qui consomme le moins d’énergie.