Ligne de crédit, proposée par des spécialistes du recouvrement depuis plus de 30 ans

 Economie & Société sur Internet

Nous contacter | Publicité | Ligne de Crédit, pour qui ? | Dimanche 7 septembre 2008

Abonnement :   Mail pro   Mail perso   
Edition du 30 Octobre 2008 / N°389 Le(s) saint(s) du jour
EasyCDD : gestion des créations de CDD en ligne Explorimmo, annonces immobilières Gorrias-Consultants, Formation en recouvrement recouvrement.org L'annuaire du recouvrement sur le net Recouvrement en ligne de vos impayés en France et à l'International vite encaisser, spécialiste du recouvrement immédiat de vos impayés
Sommaire
Services
Bourse
Partenaires

Poussières dans le vent


Le chemin creux


Une dernière fois, je prends le petit chemin creux sous sa voûte de branchages. Je ne vais nulle part, je veux seulement m’imprégner de son ombre murmurante et verte, de sa fraîcheur mouillée. L’air n’est déjà plus le même qu’il y a quinze jours, à mon arrivée. A ce moment, dans la foulée d’une année laborieuse, j’apportais quelques projets timides, esquissés, à moitié rêvés. Je savais qu’une fois stoppé le rythme des mois écoulés, tout autour de moi contribuerait à les éroder, les dissoudre dans la lumière alanguie ou la pluie tamisée par les feuillages de la fin août.

Au-dessus de moi, quelques oiseaux me regardent passer. Les couvées ont grandi, se sont envolées. Les noisetiers arborent leurs fruits presque mûrs dans leurs écrins bouclés. La Terre a tourné. Les étoiles, dans le ciel nocturne, se sont déplacées. Elles ont préféré tenir leurs conciliabules entre elles, cette année, interposant un voile brumeux entre nos regards et leur éternité.

L’air a la douceur d’un été pluvieux, mais quelque chose d’imperceptible, une odeur de terre humide, bientôt de noir humus, annonce septembre. Dans le silence du chemin où la mousse assourdit mes pas, je chasse résolument pour quelques heures encore la pensée de la ville tonitruante qui m’attend avec sa perpétuelle course à l’action et l’impatience. Deux paisibles vaches, dans le mouchoir de poche herbeux qui s’ouvre sur ma droite après le tournant du chêne, me suivent des yeux, l’air pensif. Je détourne de moi l’évocation des hordes de voitures amassées aux feux rouges, prêtes à bondir tels des fauves dès le vert revenu, ennemies des piétons attardés.

Un écureuil affairé traverse devant moi comme une flèche, j’ai à peine le temps d’identifier sa minuscule boule de poil suivie de son panache. Je vais devoir en faire autant, de nouveau, demain matin. M’extraire de mon nid où j’entasse mes noisettes, filer sur un itinéraire rempli d’embûches puis grimper en spirale jusqu’à l’étage qui m’attend. Je me présenterai brièvement chez mon chef de service – cordialité polie et lisse, il attendra quelques minutes pour me rappeler les priorités de la rentrée. Mes collègues auront tous un petit air rénové : bronzage, coupe de cheveux dynamique, accessoire discret emprunté à la collection automne-hiver. Je nous entends déjà nous enquérir des vacances des uns et des autres. Vies, expériences… tant de parcours différents derrière l’écran uni des fronts et des sourires. A quoi tient la destinée ? Vers quelle rencontre, quel dialogue renoué avec soi, l’autre, les siens, les autres ces vacances ont-elles conduit ? De quelle manière tissons-nous notre vie entre notre passé et nos projections dans l’avenir ? De quel choix disposons-nous réellement ? Une fois extrait des contraintes professionnelles, rendu à un espace de liberté, qui sommes-nous ? Que désirons-nous vraiment ? Si l’on secouait au tamis les premières réponses – détente, repos, loisirs, besoins des enfants et du conjoint, travaux différés, conserves et confitures – il resterait au fond une vacuité silencieuse, énigmatique. Que recherchons-nous dans les destinations toujours différentes, les Luna-Park, ou les fidèles tanières protégeant notre odeur et nos habitudes incrustées ? Quelque chose nous échappe, au-delà des moires de nos désirs. Nous reporterons encore une fois l’occasion de suivre jusqu’au bout le sentier à peine tracé, oublié, immémorial. Jusqu’à l’année prochaine.

(31/10/2007)
Catherine Hervoüet des Forges
Lien vers le site
Vos réactions :
Aucune réaction. N'hésitez pas à déposer votre commentaire ci-dessous.
Réagissez :
nom* :    email* : 
commentaire* : 
* = champs obligatoires
Retour accueil...