Les agriculteurs font de plus en plus appel à des prestataires extérieurs, non seulement pour la gestion de leur exploitation, mais aussi et surtout pour leurs activités agricoles : préparation des terres, traitements phytosanitaires, récoltes, collecte du lait...
Ainsi, les agriculteurs ont dépensé 4 Md€ en achat de prestations extérieures en 2005, soit un montant équivalent à 6% de la production agricole, selon une étude récente de l’Insee.
L’envol de la gestion et du conseil
Après un effort de modernisation considérable dans les années 1960 et 1970, accompagné d’un mouvement de concentration des exploitations, l’agriculture rationalise l’utilisation de ses facteurs de production pour accroître ses performances. Entre 1990 et 2005, le capital en matériel de l’agriculture diminue de 6% en volume alors que dans le même temps, l’efficacité du capital mesurée par la valeur ajoutée dégagée par unité de capital s’améliore de 22%.
À cette externalisation de travaux de nature purement agricole s’ajoutent :
- 200 M€ de dépenses vétérinaires,
- 280 M€ de frais de personnels intérimaires,
- 1 Md€ en frais de courtiers, comptables ou conseillers (fiscaux, juridiques, informatiques, etc.).
Les grandes exploitations en tête
Le montant de ces services aux cultures − labour, semis, taille, traitements phytosanitaires, récoltes, etc. − représente 5% de la production végétale en 2005 (1,7 Md€) soit 1,5 point de plus que 15 ans plus tôt.
De même, les services à l’élevage représentent 3% de la production animale en 2005 (700 M€) et augmentent de 1,2 point sur la période.
Ce sont les plus grandes exploitations qui recourent le plus largement à ces services, et au sein des spécialisations, celles d’élevage laitier. L’entretien de certains vignobles d’appellation est entièrement sous-traité.
24.600 entreprises de services agricoles
Pour ces prestations, les agriculteurs font appel à d’autres agriculteurs qui effectuent des travaux à façon comme activité annexe, mais aussi, de plus en plus souvent, à des entreprises spécialisées. En 2005, 6 agriculteurs sur 10 ont eu recours à une entreprise de travaux agricoles (ETA) ou à une coopérative d’utilisation du matériel agricole (Cuma).
- 24 600 entreprises de services aux cultures ou de services annexes à l’élevage, dont 7.700 sont sous forme coopérative, notamment 7.300 Cuma (coopératives d’utilisation du matériel agricole).
- 7.300 Cuma emploient 6.600 salariés directement ou à travers des groupements d’employeurs.
- 15.300 entreprises de services aux cultures (hors Cuma), dont 45% de micro-entreprises (CA < 27 k€). CA total : 2 Md€, en 2004.
Les entreprises de services aux cultures ont des taux de rentabilité nettement supérieurs à ceux des entreprises de services à l’élevage. Par exemple, le taux de marge brute (rapport de l’excédent brut d’exploitation à la valeur ajoutée) est de 0,48 contre 0,17.
Agriculture de précision
Le savoir-faire des entreprises prestataires et les machines agricoles intégrant les dernières innovations technologiques aident les agriculteurs à mettre en œuvre une agriculture de précision plus respectueuse de l’environnement. Les agriculteurs cherchent ainsi à rationaliser leurs dépenses pour réduire leurs coûts et optimiser leurs performances.
Source : Insee Première n°1160 -
http://www.insee.fr/fr/ppp/publications/collect_doc.asp?coll=1&paru=1&avis=1&pres=1