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La génération Y naît dans un contexte politique particulier. Avant 1980 : des guerres mondiales, un rideau de fer, des menaces, des génocides, des drapeaux, des idées, beaucoup trop d’idées…
Le vingtième siècle n’avait que trop duré, il était temps que le suivant se pointe! Recommencement, reconstruction, espoir… En France, Mitterrand arrive au pouvoir en 81. C’est le début d’une ère politique nouvelle. Les jeunes voient rose. Le socialisme semble être enceint de mille promesses plus réjouissantes les unes que les autres. Les radios deviennent libres. Le ciel s’éclaircit. On nationalise à tour de bras. Si bien qu’en 83, un salarié sur quatre travaille pour l’Etat. Sécurité, euphorie, fête de la musique…
Et nous voilà, nous, génération Y. La France était heureuse en ce temps-là, si heureuse…
Le reste du monde semblait guérir de ses blessures. Gorbatchev, la perestroïka, la chute du mur ! « Oublions ces idées assassines. Déposons les armes, ô mon humanité. Reconstruisons ensemble un monde où il fera bon vivre, pour tous…» susurre aux oreilles du monde le violoncelle de Rostropovitch.
La génération Y n’a pas connu la guerre froide, ni aucune autre d’ailleurs. Nous sommes nés sur les champs de bataille de nos prédécesseurs, quand sonnait l’heure de la fin des combats. L’herbe poussait de la Mer du nord jusqu’à Trieste.
Nous étions la paix, les élus…
Hélas, mille fois hélas. A force de se battre, nos pères avaient-ils oublié que la paix cache, elle aussi, ses guerres ? Il n’y a pas meurtrier plus terrible qu’un ange…
Le socialisme n’était pas si beau que ça. Mitterrand avait les épaules d’un escroc, bien plus que d’un sauveur. La fonction publique était son monstre froid, son Léviathan… Si vous souhaitez garder le pouvoir, construisez une machine dont votre entourage dépend et que vous seul savez utiliser…
Un petit nouveau est là lui aussi. Un génocide à lui tout seul… le Sida bien sûr. On ne l’avait pas prévu dans nos plans ce farceur… Nos parents nous ont promis la liberté sexuelle et voilà qu’on nous demande d’enserrer nos outils dans du caoutchouc. Libre, oui, à condition que tu gardes ton costume de prisonnier…
La république si chère à De Gaulle n’avait pas imaginé, dans sa constitution, la cohabitation. Et vlan ! Comment fait-on quand le gouvernement est le pire ennemi du président ? On reste sur place, on se chamaille, et l’hémicycle devient une sorte de fête foraine où les enfants sont en costard.
Et puis, les extrémismes se réinvitent sur la scène mondiale. Les tours jumelles s’effondrent, Le Pen est au second tour, la Pologne se radicalise, l’Autriche et la Suisse deviennent ouvertement racistes, on prie dans le bureau ovale,… tout fout le camp ! La génération suivante naît sur un nouveau champ de bataille, bien moderne celui-là. L’accalmie n’aura pas duré, laissant simplement le temps à la génération Y de croire que tout irait bien…
Si bien…