L'esprit d'entreprise au pays des 35 heures
L'accélération de la mondialisation, la fin de la profusion d'emplois dans le public, la disparition annuelle de 500 000 emplois dans les grandes organisations et la puissance financière des fonds de pension qui rachètent puis délocalisent les moyennes entreprises, projettent la question de la création d'emplois indépendants, au coeur de la question de la survie de la Nation. Une première enquête constate qu'il existe un imposant dispositif d'aide et d'enseignement concernant l'entrepreneuriat, mais que, malgré son importance, ce dispositif ne génère qu'un faible impact sur la création d'entreprise. Dans ces conditions, on peut se demander si les actions d'incitation à la création ne constitueraient pas une goutte d'eau dans un océan de facteurs sociologiques et psychologiques constitués par des représentations peu favorables au travail indépendant ? Au niveau des facteurs externes d'ordre sociologique, le dossier opère le constat que la société française s'est organisée sur un modèle providentiel et non sur un modèle entrepreneurial. Dans cette configuration, il y a plus qu'un frein, il s'agit d'une véritable double contrainte, obéissant à la loi de Gresham : la mauvaise méthode chasse la bonne (Bourion). Par ailleurs, un autre constat du dossier montre que les organismes d'aide à l'entrepreneuriat sont guidés par la performance et dépourvus d'une véritable culture du don qui pourrait accroître l'efficacité de l'aide (Barès, Muller). Au plan des facteurs internes d'ordre psychologique ou généalogique, le dossier souligne que les actions de coaching et de formation demeurent incitatrices (Persson, Bayad), mais que les résultats obtenus sont surdéterminés suivant les catégories d'acteurs concernés (Dobiecki). Ainsi, les Français d'origine étrangère (Quang-Tri Truong), les fils d'indépendants ou de créateurs (Cornuau) et ceux qui disposent d'une opportunité créent et développent leur entreprise plus que les autres (Girard).
(12/12/2007)
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