Ligne de crédit, proposée par des spécialistes du recouvrement depuis plus de 30 ans

 Economie & Société sur Internet

Nous contacter | Publicité | Ligne de Crédit, pour qui ? | Samedi 30 août 2008

Abonnement :   Mail pro   Mail perso   
Edition du 27 Février 2008 / N°397 Le(s) saint(s) du jour
EasyCDD : gestion des créations de CDD en ligne Explorimmo, annonces immobilières Gorrias-Consultants, Formation en recouvrement recouvrement.org L'annuaire du recouvrement sur le net Recouvrement en ligne de vos impayés en France et à l'International vite encaisser, spécialiste du recouvrement immédiat de vos impayés
Sommaire
Services
Bourse
Partenaires

les enfants de ce siècle

La génération Y et le sexe

On le sait bien, dorénavant : décrire quelqu’un sans parler de ce qu’il fait le soir, loin des autres, est inutile, désuet, naïf. L’espèce humaine ne peut être considérée sans ces sauvageries douces-amères qui font d’elle une espèce comme les autres, mue par un inexorable instinct de plaisir et de reproduction.

Aujourd’hui, les mœurs ont définitivement changé. Partout, du sexe. A la télé, dans les journaux, sur Internet, au cinéma. Nous sommes cernés. Des générations entières se sont battues, chacune à sa manière, pour que la notre puisse enfin jouir en paix.

Et que voilà ? Tous ces combats pour rien ! La liberté sexuelle n’était rien d’autre qu’un doux rêve. Car rien ne sera jamais aussi pesant pour l’homme que ce complexe qu’il entretient face à la luxure, au charnel, à ce rite macabre enfantant de nouveaux frustrés qui, à leur tour, comme leurs pères, iront se masturber derrière leurs rideaux, loin du masque qu’ils superposent à la réalité pour lui faire croire qu’ils sont des gens biens, cultivés, humanistes, et qu’ils préfèrent les documentaires animaliers aux films porno.

            Parce que nous rencontrons la sexualité plus tôt, en images, parce qu’elle est banalisée et n’a plus rien de secret ou de mystérieux, parce que depuis la tendre enfance nous entendons à son sujet toutes sortes de blagues vaseuses, parce qu’on nous parle de maladies sordides, nous sommes perdus, ne sachant plus que penser de tout ceci.

            Parmi nous, certains se vantent d’être des cadors sans foi ni tabou. Ils ont reproduit les gravures ornant le Kama Sutra, en chair et en os, sans n’en manquer aucune. Ils fanfaronnent, bombant le torse comme des coqs espagnols. Et puis voilà qu’un jour, une femme leur dit : « Tu vas trop vite. Fais un peu attention, égoïste… ». Alors ça, ils ne le diront jamais à leurs amis. Oh non, surtout pas. Quelle honte… Ils préfèreront quitter cette jeune femme –aussi belle fût elle– plutôt que d’avouer leur impuissance. Eux, le sexe, ils connaissent. Ils n’ont rien à se reprocher ou à envier. « Pourquoi n’a-t-elle pas pris son pied ? Elle n’avait qu’à faire un effort, elle aussi ! » Oui, ce sont des égoïstes. Ils n’ont pas compris que l’acte sexuel est une alchimie complexe, et non une bizarrerie acrobatique. La performance n’est rien si la magie n’y est pas.

D’autres se cloîtrent. Ils ont terriblement honte. Ils préfèrent éteindre la lumière, ou –mieux– ne rien faire. Leur corps les gêne : il n’est pas celui d’un acteur ; il est trop petit ou trop gros. Ceux-là s’enfuient, refusant d’aimer l’autre comme on aime vraiment : avec son sang, son souffle, dans le plus simple des appareils. Ils rougissent au son des mots jouir ou pénétrer.

Certaines jeunes femmes minaudent après s’être frottées, des heures durant, au bas-ventre de ce bel inconnu, dans une boîte de nuit. On ne couche pas tout de suite, c’est mal vu. Pourquoi ? C’est mal vu, un point c’est tout. Alors demain soir ? Pourquoi pas. D’autres se donnent avant même d’avoir imaginé qu’il leur faudrait, dans quelques heures, se lever aux côtés d’un abruti, pachydermique et fier de lui.

Parce qu’on s’est évertué à lui décrire l’acte sexuel comme une chose banale, dont il ne faut pas avoir honte et qu’on évoque n’importe quand, la génération Y n’en a pas compris l’essence. A l’heure où les masques tombent, il ne reste plus qu’un parterre d’affolés, nus comme des vers, qui gigotent et gémissent. La honte demeure, peut-être pire qu’elle ne fut. Les tabous sont encore là, quand bien même on les clame haut et fort. Mais la magie, le secret, les mystères, l’ineffable… Qu’en avons-nous fait ?

(27/02/2008)
Guillaume Sire
Vos réactions :
Aucune réaction. N'hésitez pas à déposer votre commentaire ci-dessous.
Réagissez :
nom* :    email* : 
commentaire* : 
* = champs obligatoires
Retour accueil...