MDD Expo, le salon international des marques distributeurs dans l'alimentation, se tiendra les 26 et 27 mars au Parc des Expos de Paris (porte de Versailles). Conjointement, seront organisés les salons Ethnics Foods, Halal Expo, Gourmet Expo, et Pizza & pasta expo. Rencontre avec Antoine Bonnel, directeur général.
Les habitudes alimentaires, en France, ont-elles beaucoup évolué?
Oui. Les gens consomment moins mais achètent mieux. En Allemagne par exemple, on mange beaucoup plus : des céréales, des sodas, des gâteaux, du snacking. Cette déstructuration des repas conduit à l’obésité, dont la part a d'ailleurs augmenté en France ces dix dernières années. Et la manière de consommer a également changé : la France était considérée comme chauvine, franchouillarde… On est passé à une consommation multi-ethnique. Le consommateur français est aujourd'hui spécialiste, il connaît de mieux en mieux plusieurs cuisines. Dans la même semaine, il va goûter à la cuisine asiatique, marocaine, créole, tex-mex… Le consommateur zappe, il demande de la diversité, de nouvelles saveurs. Il voyage beaucoup plus, donc il demande beaucoup plus d’ouverture. L’explosion des restaurants japonais en est le parfait exemple. Le poisson cru, cuisiné façon japonais : personne ne l’aurait mangé comme ça il y a quelques années.
Une grande part du salon est consacrée à la nourriture "ethnique". Quelle place tient le marché ethnique, ou communautaire, dans la grande distribution ?
Dans les rayons, l'offre est de plus en plus importante. On est passé d’une offre exotique (les produits Old el Paso, Suzi Wan) destinée à un consommateur français en mal d’exotisme, à une offre ethnique pure, destinée à une diaspora. Le consommateur français, dans son ensemble, dépense de moins en moins pour la nourriture : la part du budget des ménages consacré à la nourriture était de 20% il y a quelques années, il n'est plus que de 14%. La grande distribution n'a pas d'autre choix que de chercher des offres complémentaires. D'autres marchés sont à capter, comme le marché musulman : les musulmans consacrent en moyenne 30% de leur budget en nourriture. Ce sont de gros consommateurs de viande.
Quelle est la tendance forte, actuellement, concernant la manière de se nourrir?
On prend en compte la valeur santé de la nourriture: on se soucie de ce qu'on mange, on veut que ce soit sain. Il y a l'avènement des alicaments : ce sont des aliments qui ont aussi une fonction médicale, que l'on va ingurgiter pour se soigner. C’est une offre qui fait fureur au Japon. Et dans un monde de sécurité, où on est anxieux de l’avenir, de l'environnement, du changement climatique, il y a un retour à l'authentique. On revient aux recettes d'antan, aux produits façon grand-mère. Les produits biologiques, comme le jus d'aloe vera, entrent dans ce contexte là. Et un produit émerge actuellement, qui va dans le sens du snacking, de la croissance des bars à pâte : c'est la pizza en cornet, qui se mange comme une glace. C'est ordinairement difficile de manger une pizza debout, en marchant. Cette pizza-là le permet.