Ah, ce bon vieux téléphone… Miracle de la technologie ! Grâce à lui, combien de bons moments partagés en direct ? Combien de relations amoureuses possibles à distance ? Combien de conjoints soupçonneux rassurés ?
Nous étions au collège ou au lycée, lorsqu’il s’invita dans nos poches. Ce petit objet deviendrait vite notre meilleur ami –ou notre ennemi, selon l’humeur. Le meilleur, ça c’est sûr. Grâce à lui, on n’est plus seul nulle part. Il est le cordon ombilical tendu entre les autres et nous. Les réseaux sont de plus en plus performants, les batteries durent de plus en plus longtemps ; alors pas d’excuses : si tu n’es pas joignable, c’est que tu ne veux pas me parler, et si tu ne veux pas me parler, alors tu n’es plus mon ami… Ce genre de raisonnements simplistes, vous les avez tenus, vos proches les ont tenus, et bon nombre d’échauffourées épiques en furent le résultat. Finie, la ferveur de l’ermite, seul dans une campagne vierge. Tôt ou tard, son téléphone finira par sonner, lui rappelant ses obligations, ses amours, ses chagrins –en d’autres mots : sa condition humaine. Elle est là, partout avec vous. Où que vous soyez, le contrat social est dans votre poche, prêt à vous rappeler mesquinement à l’ordre.
« C’est ta femme. Elle veut savoir si tu as pensé à acheter une nouvelle ampoule pour la lampe du salon. Si tu n’as pas oublié de payer la dernière facture de téléphone. Et si tu dînes à la maison ce soir. « C’est ton patron. Il veut s’assurer que tu as bien préparé la réunion de demain. Que tu as réservé une table au restaurant. Que tu as téléphoné à sa secrétaire pour lui communiquer ton agenda. Et que tu es toujours plus con que lui, bien sûr. « C’est ton ami. Il a des problèmes en ce moment. Il aimerait ton avis. Il voudrait t’emprunter un peu d’argent aussi. Il voudrait te voir plus souvent. Il te reproche de ne pas être suffisamment disponible. » Bref, ils t’enquiquinent. Ils parlent, ils parlent… Tu n’as pas le temps de leur répondre. Tu as un double-appel : « Orange vous informe que si vous voulez bénéficier de la nouvelle offre promotionnelle… » Drôle de monde, n’est-ce pas ? Mais que ferais-tu sans téléphone ? Saurais-tu t’en passer ? Non, parce que le téléphone est bien plus qu’un simple téléphone. Il te sert également de réveil, d’appareil photo, d’agenda, de dictaphone, de baladeur, de boîte mail, de GPS, de console de jeux, et il a tout un tas d’autres fonctions dont seuls les concepteurs connaissent l’utilité. Ainsi ne t’ennuieras-tu jamais en compagnie du fétiche du vingt-et-unième siècle. Le téléphone est une manière d’antidote contre la solitude qui te pend au cœur. C’est un vaccin –ou un trompe-l’œil (ici, choisis la comparaison qui t’effraie le moins : pour « vaccin » presse 1, pour « trompe l’œil » presse 2, 0,15€ hors coût communication). Quand la génération Y n’a plus de batterie –ou pire, égare son téléphone, c’est le drame ! Perdre les numéros de tout le monde. Ne plus être joignable. Ne plus être du tout. Comment les prévenir ? Recharger sa batterie. Ou bien racheter un téléphone. Ce vide dans notre poche est source de vague à l’âme. On n’est personne, sans téléphone. Voilà pourquoi la génération Y n’éteint quasiment jamais son téléphone. Elle préfère le mettre en mode vibreur : « Lors d’un dîner ou d’un concert, et dans tous ces endroits où décrocher serait mal venu, si l’on m’appelle, je sens mon téléphone vibrer près de mon entrejambe, c’est agréable, je me dis que je ne suis pas seul, que quelqu’un pense à moi… Peut-être est-ce une erreur de numérotation. Mais qu’importe. Je vibre, c’est déjà ça. »
Le premier jour où j'ai eu mon premier GSM a été un jour d'angoisse. "Est-ce qu'IL va m'appeler?..." "Pourquoi ne m'a-t-IL pas encore appelée?..." Jusque là, je passais des journées heureuses en attendant d'écouter son message sur le répondeur le soir...
Il ya pire que l'absence d'un portable : c'est un portable qui ne sonne pas!
Chers abonnés : Conformément à la loi n° 78-17 "Informatique et Libertés", vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant.
Ligne de Crédit est une publication des
Éditions G. SARL de presse, CPS. SIREN 420 672 727. 46, rue d'Artois 75008 PARIS
Directeur de la publication : Gérard Gorrias - Rédacteur
en chef : Christian de Montmagner - Conception et Réalisation : Note Bleue, Ludovic Cluber - Secrétaire de rédaction : Anne Marie Bergé- Ont participé à la rédaction de ce numéro : Nicolas Gorrias, Ludovic Cluber, Gérard Gorrias, Christian de Montmagner, Catherine Hervoüet des Forges, Guillaume Sire, Jean-Yves Gauchet.
Publicités, communiqués de presse, annonces légales, publi-rédactionnels, mailing list : cliquez ici ou 01.42.89.31.02 Diffusion : 800.000 exemplaires