La volonté d’entreprendre a saisi les quartiers défavorisés
Depuis 1997, près de 80 zones franches urbaines (ZFU) ont été créées en France métropolitaine pour favoriser le développement d’activités dans des quartiers défavorisés. Les exonérations de charges y ont stimulé l’implantation de nouveaux établissements, en particulier dans le commerce et la construction. Selon l’Insee, qui vient de publier une étude sur « L'activité économique dans les zones franches urbaines » (Insee Première n°1187 - mai 2008 - Émilie Ernst, division Études territoriales), ces établissements ont un taux de survie à cinq ans comparable à celui des établissements des communes dans lesquelles se situent les zones franches urbaines. Ils emploient plus souvent des salariés que ceux des agglomérations environnantes, mais ils sont en général de taille moindre.
79 ZFU qui emploient 275 000 salariés
Créées par la loi de novembre 1996 relative à la mise en œuvre du pacte de relance pour la ville, 79 ZFU ont été créées entre début 1997 et fin 2004. À cette date, elles comptent 46 000 établissements qui emploient 275 000 salariés. Elles regroupent ainsi 1,1% des établissements et 1,3% des salariés de la métropole, pour 2,2% de la population.
Les ZFU sont présentes dans 19 des 22 régions métropolitaines. La ZFU la plus importante est celle de Roubaix-Tourcoing, avec 3 800 établissements et 28 500 salariés, suivie par les ZFU de Bordeaux et Garges-lès-Gonesse. Les ZFU qui comptent le moins de salariés sont celles de Strasbourg-Hautepierre, Épinay- sur-Seine, Saint -Nazaire et du Blanc-Mesnil (autour de 600 salariés chacune).
Une forte proportion de petites structures
Le nombre moyen de salariés par établissement employeur est plus faible en ZFU (11,6 salariés) que dans les unités urbaines environnantes (14,4 salariés). Ceci peut s’expliquer par le fait que les exonérations sont plus avantageuses pour les petites entreprises. En effet, les exonérations de cotisations patronales de sécurité sociale sont accordées pendant une durée de cinq ans maximum à 100%, puis à taux dégressif sur trois ans pour les entreprises de plus de cinq salariés, et sur neuf ans pour les entreprises de moins de cinq salariés.
Le commerce et le bâtiment dominent
Les commerces constituent la première activité et occupent une part équivalente dans les ZFU et les unités urbaines englobantes (21% des établissements).
Les services aux entreprises sont aussi présents dans les mêmes proportions (un peu moins d’un établissement sur cinq). Ces activités relèvent néanmoins essentiellement du nettoyage et de la sécurité, plutôt que des services à forte valeur ajoutée.
Les ZFU se distinguent des agglomérations englobantes par une implantation deux fois plus forte d’établissements de la construction : ils représentent 14,6% des établissements dans le premier cas, 7,5% dans le second. Les entreprises spécialisées dans la maçonnerie et la peinture sont en particulier très présentes. Les entreprises qui s’implantaient dans les ZFU ont pu bénéficier aussi d’une main-d’œuvre répondant à leurs besoins et de marchés de proximité.
Plus de santé que de services à la personne
Les établissements n’emploient pas tous des salariés ; c’est le cas notamment des entreprises artisanales. Les ZFU accueillent ainsi une proportion beaucoup plus forte d’établissements sans salarié dans la maçonnerie générale ou le commerce de détail non alimentaire sur éventaires et marchés.
Les établissements de santé sont également bien implantés : dans la ZFU de Trappes, par exemple, 31% des entreprises appartiennent à ce secteur. Elles relèvent des activités des auxiliaires médicaux (infirmiers, sages- femmes, kinésithérapeutes…), comme de celles des médecins de diverses spécialités.
Par contre, les ZFU sont relativement moins pourvues que les villes environnantes en services aux particuliers (hôtels-restaurants, services personnels et domestiques, activités culturelles).
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