Ligne de crédit, proposée par des spécialistes du recouvrement depuis plus de 30 ans

 Economie & Société sur Internet

Nous contacter | Publicité | Ligne de Crédit, pour qui ? | Vendredi 5 décembre 2008

Abonnement :   Mail pro   Mail perso   
Edition du 2 Juillet 2008 / N°404 Le(s) saint(s) du jour
Explorimmo, annonces immobilières Gorrias-Consultants, Formation en recouvrement recouvrement.org L'annuaire du recouvrement sur le net Recouvrement en ligne de vos impayés en France et à l'International vite encaisser, spécialiste du recouvrement immédiat de vos impayés L'actualité de l'économie
Sommaire
Services
Bourse
Partenaires

les enfants de ce siècle

Les mangeurs d’étoiles (1)

   Il y a cet âge qui nous dévore. Le corps est celui d’un adulte. L’esprit n’est plus tout à fait celui d’un enfant. Les questions nous torturent, le soir, au coucher. Les autres, les parents, les vieux – ils ne comprennent pas, ils sont dépassés, ils n’entendent rien. Le besoin d’amour grandit sous la poitrine. Les regards que l’on croise semblent avoir quelque chose à nous reprocher. Quelque chose de terrible et de ridicule. L’adolescence… Prendre conscience de ce temps qui s’écoule sans cesse, qui nous poursuit, et qui finira bien par avoir notre peau. Sentir couler dans ses veines un compte à rebours funèbre. Se découvrir étranger à ce monde, à ses frontières, à ses codes, à ses non-dits. Avoir l’impression de n’être pas à la hauteur. Quelle hauteur ? Peu importe. Le destin n’a pas l’air de vouloir de nous.
   Et puis, un jour, on tire sur un pétard. C’est interdit. C’est doux. La tête tourne un peu. Les problèmes s’en vont harceler d’autres esprits. L’estomac se dénoue. On sent le vent flotter sur nos épaules. Tout va bien. Tout va mieux. Bob Marley implore cette pauvre femme, surtout, de ne pas pleurer. On s’avachit. On emmerde ces réalités qui se payent notre gueule. Le joint tourne, il revient, il s’en va… La fumée se promène. Les contours se dissipent dans ces volutes épaisses et bleues. Tout va bien. Tout va mieux.
Dangereux ? La drogue ? Oui, oui, c’est ça. On nous a toujours dit que tout était dangereux. Qui doit-on croire ? Les adultes ? Ils nous ont raconté tellement de conneries qu’on en est devenu malades. Ne pas boire, ne pas fumer, ne pas mentir, ne pas voler… Et qu’est-ce qu’ils font, eux, à longueur de journée ? Ils se détruisent le foie, ils fument comme des sapeurs, devant les infos, et ils mentent, et ils jurent, et ils blasphèment. Et quoi encore ? Ne pas prendre de drogue ? Laissez-nous rire. Woodstock, mai 68, la liberté, vous couriez à poil dans les rues, le sang plein de ces mondes artificiels qui vous aidaient à oublier. On le sait, on vous a vus : les films, les photos, la musique… Ne jouez pas les enfants de chœur !
   Si la génération Y se drogue, très jeune, si elle fume de la résine ou de l’herbe, c’est d’abord pour emmerder tous ceux-là qui les ont déçus, parce qu’ils ne valent pas mieux qu’eux, parce que le monde n’est pas autre chose qu’une cour de récréation, remplie d’ambitieux, de jalousie, de vanité, d’hypocrisie et de jouets qui font des morts. L’adolescence est, pour beaucoup, une succession de désillusions –monceaux de rêves brisés. Nous vous avions crus. Nous avions pensé que l’expérience et l’âge feraient de nous des personnes raisonnables et responsables. Nous avions pensé qu’à force de patience, les cauchemars s’en iraient. Tout ça pour quoi ? Pour nous rendre compte qu’il fallait pousser son ami dans les escaliers pour réussir, qu’il fallait mentir habilement, et trahir les bonnes personnes. L’âge ne rend pas meilleur, c’est la pire des vérités que dévoile l’adolescence.
   Alors oui, la génération Y prend le joint qu’on lui donne. Au début c’est agréable. Puis ça devient régulier. Les effets sur le corps ne se font pas sentir tout de suite. Et puis, un jour, on quitte le cocon familial, la fumée bleue inonde le studio d’étudiant à longueur de journée, pendant que Bob chante « Concrete Jungle ». On fume, on fume… pour oublier. Et puis, bien des années plus tard, les soucis physiologiques et moraux finissent par se pointer. Les problèmes de mémoire, la paranoïa, l’impuissance sexuelle, la schizophrénie. Ce qui nous avait aidé à oublier les fantômes finit par les ressusciter, les réinventer, plus forts, plus étranges, et plus violents. Les rêves n’ont plus de goût. Les paradis artificiels s’étiolent à vue d’œil. Les amours s’en vont tenir la main à cet autre qui, lui, ne s’est pas drogué, est encore capable de s’envoyer en l’air, et a réussi à s’intégrer dans ce monde que l’on déteste… Il est devenu le roi de la cour de récré. Tant mieux pour lui ! Tant mieux pour elle… Puisque personne ne veut de nous, que les volets demeurent clos ! Qu’il pleuve ! Un gros joint ! Un autre ! Et ça ira mieux demain ! Et si ça ne va pas mieux ? Si la douceur ne revient pas ? Eh bien il va falloir commencer à avaler quelque chose de plus fort…

(02/07/2008)
Vos réactions :
+ Bien vu et ressenti. Je peux témoigner après...(05/07/2008 - 21:54)
- L'autre moitié serait donc notre psy... Exce...(04/07/2008 - 16:03)
L'autre moitié serait donc notre psy... Excellent cet article. Merci de m'avoir éclairé sur le sujet. Michel de www.silcom.fr


Réagissez :
nom* :    email* : 
commentaire* : 
* = champs obligatoires
Retour accueil...