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Interview
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3 questions à Maryvonne Lanoë, commissaire général du salon Intermat
"Après chaque crise, c'est le retour à la croissance" Intermat, le rendez-vous mondial des professionnels de la construction et de l'industrie des matériaux, se tiendra à Paris Nord Villepinte du 20 au 25 avril. Sur 160 000 m2 de superficie, il réunira 1 450 exposants, dont 70% internationaux. Comme en 2006, date de la dernière édition, plus de 200 000 visiteurs sont attendus. Rencontre avec Maryvonne Lanoë, commissaire général du salon.
Intermat prend-il d'autant plus d'importance dans un contexte de crise, comme actuellement ? Rappelons tout d'abord qu'en France, la demande dans la construction est forte : ce secteur représente 6,5% de l'économie française, soit 110 Md€ de valeur ajoutée pour 2008. Cinq des majors internationaux sont français, avec deux leaders mondiaux que sont Vinci et Bouygues. De plus, le plan de relance français, de près de 2,5 Md€ concernant la construction, marque la volonté de l'Etat et des collectivités territoriales de maintenir l'investissement dans notre pays. En parallèle, la Fédération française des travaux publics a lancé l'opération "10 000 projets pour rebondir face à la crise" : des travaux de proximité très divers qui peuvent démarrer cette année, d'un montant total de 10 Md€, et concernant 100 000 emplois pérennisés. Après chaque crise, c'est le retour à la croissance. Intermat va apporter aux professionnels la lumière dont le secteur a pus que jamais besoin.
A quelles innovations, ou tendances générales, doit-on s'attendre à Intermat ? Depuis quatre saisons, Intermat organise son palmarès de l'innovation, devenu en 2009 les "Intermat Innovations Awards". Les 17 nominés, cette année, reflètent sans conteste les grandes tendances du secteur : environnementale bien sûr avec les économies d'énergie, la limitation des nuisances, le recyclage des matériaux. Mais également tout ce qui a trait à l'amélioration de la productivité avec le développement des automatismes, l'amélioration de la sécurité et du confort des opérateurs. Autre grande tendance : la conception des engins et matériels qui évoluent via des simplifications, de la mobilité, de la polyvalence ou une réduction de la taille. Notables, ces tendances interagissent entre elles. Ainsi, une innovation liée aux économies d'énergie peut très bien avoir une influence ou des effets collatéraux, sur la limitation des nuisances et donc, sur le confort des utilisateurs.
En cette période de crise, le thème du développement durable est-il mis entre parenthèses ? Je peux vous citer une phrase que j'aime : "Pas de chantiers propres sans matériels propres et tout le monde est concerné". Aujourd'hui, les collectivités territoriales sont en droit d'exiger le bilan carbone de tout chantier se réalisant sur leur territoire. C'est d'autant plus un enjeu que les travaux en milieu urbain ont un fort impact sur le confort de l'usager. Pour s'inscrire dans ce contexte, nos fabricants de matériels se doivent, et c'est déjà le cas depuis plusieurs années, de concevoir leurs engins en intégrant en amont la notion d'écologie. C'est aussi pour cela que nous avons créé le prix spécial de l'environnement pour notre palmarès de l'innovation, remporté haut la main par la société Mecalac : elle a mis au point une machine multifonction hybride dédiée au travail en milieu urbain. Non seulement, elle permet un gain de consommation de plus de 25%, mais de surcroît les émissions de polluants sont fortement réduites et la diminution des nuisances sonores significative.
(01/04/2009)
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