Ligne de crédit, proposée par des spécialistes du recouvrement depuis plus de 30 ans

 Economie & Société sur Internet

Nous contacter | Publicité | Ligne de Crédit, pour qui ? | Vendredi 30 juillet 2010

Abonnement :   Mail pro   Mail perso   
Edition du 16 Septembre 2010 / N°429 Le(s) saint(s) du jour
Recouvrement de créances, impayé, recouvrement France, recouvrement international Gorrias-Consultants, Formation en recouvrement recouvrement.org L'annuaire du recouvrement sur le net Recouvrement en ligne de vos impayés en France et à l'International vite encaisser, spécialiste du recouvrement immédiat de vos impayés L'actualité de l'économie
Sommaire
Services
Bourse
Partenaires

les enfants de ce siècle

Ce qu’il reste quand j’ai éteint mon téléphone

Je parlerai une nouvelle fois des avancées technologiques du vingtième, pour tâcher d’éclairer les comportements du vingt-et-unième. Les inventions des dernières décennies ont servi le divertissement. La télévision, la musique portable, le téléphone, les jeux vidéo et Internet sont d’abord de nouvelles formes de divertissement, de nouveaux « occupe-temps ». L’erreur a été de croire que ces avancées devaient à tout prix être autre chose que des divertissements.

Autrefois, vous n’aviez guère le choix pour vous informer : il fallait lire le journal. Et pour vous divertir : le théâtre, les romans, les concerts, les coudes sur le zinc. Autrefois l’accès à l’information demandait du temps, de la patience et la connaissance de champs lexicaux plus ou moins complexes. Les articles étaient des articles de fond, bien écrits, efficaces. Quant aux divertissements, ils étaient vrais : on jouait de la musique devant vous, on disait Molière pour vous, un écrivain suait son sang sur votre veilleuse. Avec la musique dans les oreilles, à l’école, boulot, métro, dans la rue, la génération Y s’est éloignée des autres. Le soir, quand elle rentre, elle allume la télé : on lui montre de quoi il faut rêver, pourquoi il faut rire, on l’abrutit, et lorsqu’il s’agit de s’informer la génération Y croit qu’un sujet de soixante secondes, un peu de sang, le bruit d’un obus, et l’envoyé spécial déguisé en Indiana Jones, c’est la réalité, elle croit que c’est ça le monde : soixante secondes de va-et-vient vulgaires, soixante secondes sourdes, une minute d’ombre et de bruit sur le petit écran au milieu du salon. Et puis, avant de se coucher, on téléphone à des amis, comme ça, pour passer le temps, pour se sentir moins seul, pour éviter de regarder en face ce grand démon qui, dans chaque silence, semble nous guetter : c’est pas pour rien si les forfaits sont « illimités ».
Qui lit encore ? Qui passe parfois un moment seul, sans rien faire, seul avec lui-même, seul devant cette condition qui lui pend au cœur, seul en pensées, seul avec le monde en toile de fond… seul, c'est-à-dire prêt à réfléchir, seul, c’est-à-dire silencieux, et donc : libre. Qui ? Ils préfèrent la musique, le téléphone, Internet, la télévision… Ils préfèrent tous ces outils. On leur dit: ne vous inquiétez pas, ici on vous dira la vérité. Tu parles. Comment veux-tu qu’on t’aide quand on te résume Srebrenitsa en soixante secondes.
Internet est différent. Internet n’est pas qu’un divertissement. On peut s’informer, vraiment. Mais on doit mesurer. Il ne doit être qu’un média parmi les autres, moins important que les autres : l’homme ferait mieux de sortir de sa chambre, sentir le papier, lire vraiment, rencontrer l’Autre, apprendre l’Autre. Il faut se méfier de la vitesse avec laquelle Internet change, transmet, confirme et infirme les affirmations. Il faut se méfier de la vitesse, nous dit l’écrivain Alessandro Baricco, cette vitesse qui a tendance, dans notre monde, à remplacer la profondeur. L’heure n’est plus au futurisme.
Je l’ai déjà dit : je ne suis pas pessimiste, mais je ne suis pas naïf. La génération Y, si elle ne veut pas devenir stupide, doit faire très attention. Elle doit organiser son temps. Regarder la télé, écouter de la musique…pourquoi pas ? Mais ne pas faire que ça. Cesser de fuir le silence. Cesser de fuir la méditation. Ouvrir les livres. Feuilleter le journal. Réfléchir. Penser. Ne pas exagérer l’utilisation d’Internet. Savoir éteindre son téléphone quand on est occupé, ou justement, quand on n’est pas occupé, qu’on ne veut pas l’être, parce qu’on est seul, parce qu’on réfléchit : on apprend à ne plus avoir peur. La génération Y doit revenir vers la connaissance : cela demande un effort considérable, de la patience (ne serait-ce que pour nous débarrasser de cette impatience qui nous caractérise) et une volonté étonnante de volonté. Alors, alors seulement, alors peut-être, un peu plus, un peu mieux, juste un peu, nous serons libres…

(16/09/2009)
Guillaume Sire
Vos réactions :
+ L'internet aura au moins populariser la noti...(17/09/2009 - 13:40)

Réagissez :
nom* :    email* : 
commentaire* : 
* = champs obligatoires
Retour accueil...