Parmi les 2,3 millions de non-salariés qui travaillent en France, 100 000 sont des médecins libéraux, selon l’étude qu’a consacré l’Insee aux travailleurs indépendants, dont nous avions donné un aperçu global dans notre dernière édition (Insee Référence. Les revenus d'activité des indépendants - Septembre 2009. Données 2005).
Nous avions constaté à cette occasion que 130 000 indépendants seraient, de manière permanente, salariés et non salariés. C’est bien le cas de 30% médecins, qui exercent aussi comme salariés (vacations à l’hôpital par exemple).
Honoraires, actes techniques et dépassements
L’activité libérale des médecins est en grande partie rémunérée à l’acte et le tarif des actes est différencié suivant leur nature : consultation, visite ou acte technique répertorié et tarifé selon la classification commune des actes médicaux depuis 2005.
En plus de ces honoraires, le médecin peut percevoir des forfaits rémunérant certaines prestations, qui ne dépendent pas directement de son activité, comme les permanences de soins. Il peut bénéficier aussi des majorations d’honoraires (heures de nuit, par exemple) qui sont imputées directement sur le montant des tarifs unitaires pratiqués. Enfin, les médecins conventionnés à honoraires libres (secteur 2) ont la possibilité d’effectuer des dépassements par rapport aux tarifs opposables.
Les spécialistes gagnent 66% de plus
Parmi les médecins libéraux, les spécialistes gagnent, en moyenne, deux tiers de plus que les généralistes, l’écart de revenus se creusant au cours des années récentes. Parmi les spécialistes, ceux qui pratiquent des actes techniques sont les mieux rémunérés. Le bénéfice que le praticien déclare au fisc comme revenu libéral est égal aux recettes qu’il perçoit, une fois déduites les charges qu’il supporte et qui dépendent beaucoup de la technicité du matériel et de l’organisation de son cabinet.
Un large éventail de revenus
53% des médecins libéraux sont des généralistes. En 2007, ils retiraient en moyenne 66 800 euros de leur activité libérale. Ce revenu représente 61,1% de celui de leurs confrères spécialistes, contre 63,6% en 2000 et 68,7 % en 1993. Toutefois, compte tenu d’un large éventail des revenus entre spécialités et d’une hiérarchie quasi stable entre elles, le revenu libéral moyen des généralistes reste supérieur à celui des psychiatres et des dermatologues. Entre 2000 et 2007, les revenus libéraux des généralistes ont augmenté en moyenne de 1,4% par an en termes réels, tandis que ceux des spécialistes ont augmenté de 2%. Cependant, cette croissance des revenus n’a été permise que par l’augmentation des prix des actes (+18% en termes réels sur 7 ans), car l’activité moyenne a baissé de 2% sur la période.
Le grand écart Nord-Sud
Si la spécialité influe fortement sur le revenu des médecins, le territoire où ils opèrent joue également. Globalement, et contrairement à ce qu’on pourrait penser à priori, ils gagnent nettement mieux leur vie au nord, plutôt qu’au sud du pays. En fait, cette disparité est tout simplement liée à l’attractivité exercée par les conditions climatiques plus chaudes et ensoleillées, et à l’agrément de vie qui en résulte : dans le sud, la densité de praticiens par habitant est plus élevée, entraînant une activité répartie sur un plus grand nombre de médecins, et donc des revenus individuels plus faibles. Ainsi, un généraliste exerçant en Picardie ou dans le Nord - Pas-de-Calais gagnait en moyenne 78 000 euros en 2007, net de charges et de prélèvements sociaux, soit un tiers de plus que son confrère de Provence – Alpes – Côte d’Azur.
C’est pour les chirurgiens-dentistes que l’écart de revenus entre régions est le plus marqué, le praticien installé en Bourgogne gagnant près de 50% de plus que celui qui exerce en Corse ou en Midi-Pyrénées.
Source : Insee – Insee Références « Les revenus d'activité des indépendants ». Septembre 2009 - http://www.insee.fr/