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Interview

3 questions à Jean-Hugues Morel du Simi

Immobilier d'entreprise : "Une reprise début 2011"

Le Simi, le Salon de l'Immobiliser d'Entreprise, se tiendra du 2 au 4 décembre au Palais des Congrès de Paris. Il réunira 403 exposants (contre 350 l'an dernier) et environ 16 000 visiteurs. "Il y aura l'ensemble de l'offre immobilière disponible en France, que ce soit en location ou en vente, et l'ensemble des services à l'immobilier", résume Jean-Hugues Morel, commissaire général du salon, qui détaille ici les problématiques et perspectives du secteur.

Quel impact a eu la crise sur l'immobilier d'entreprise ?
La chute a été très dure. Les investissements ont diminué de plus de la moitié. Bon nombre d'entreprises souffrent actuellement. L'investissement a lourdement chuté principalement parce que les banques ont eu du mal à prêter. Mais c'est toute l'activité économique qui est touchée, et l'immobilier d'entreprise souffre aussi. C'est logique : moins il y a de salariés dans une entreprise, moins il y a besoin d'espace.

L'immobilier d'entreprise peut-il espérer un redressement rapide ?
Tout le monde commence à esquisser une reprise début 2011. Mais, en réalité, les choses commencent déjà à bouger. Les promoteurs, par exemple, travaillent aujourd'hui à l'acquisition de foncier ; les investisseurs préparent leurs interventions sur le marché. Le marché est plutôt difficile, mais assez actif. D'autant plus que les chefs d'entreprises ont aujourd'hui une grande capacité de renégociation : les prix avaient connu une augmentation de 20 à 25% sur les quatre dernières années. Les chefs d'entreprises sont donc en position de force pour se remettre autour de la table avec leurs propriétaires.

Dans ce contexte économique difficile, la problématique du développement durable est-elle perçue comme une contrainte ou comme un levier de croissance ?
Elle existe et on y va sans se poser de question. Au départ, elle a été vécue comme une couche ou une surcouche supplémentaire, après l'accessibilité, les ascenseurs... Aujourd'hui, elle est parfaitement intégrée et ne fait plus débat. Si cette problématique est prise très en amont sur la phase d'un chantier par exemple, elle peut générer peu ou même pas du tout de surcoût, alors qu'on annonçait au début 10 ou 15% de surcoût. Et les entreprises sont demandeuses de locaux performants d'un point de vue énergétique : les bâtiments constituent un actif. Quand ils seront revendus, quelques années plus tard, ils peuvent subir une décote très importante s'ils ne répondent pas aux normes énergétiques et environnementales. Cette année sur le salon, un nouvel espace va voir le jour, intitulé Constructeo, destiné à donner l'ensemble des réponses du Grenelle de l'Environnement.

(25/11/2009)
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