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les enfants de ce siècle
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La passion contre les systèmes de référence
Nous naissons entourés de codes, de lois, de langages différents, d’appartenances, de normes tacites et de contrats sociaux. Nous naissons avec ces Autres, ces systèmes imbriqués les uns aux uns, les autres pour un, les uns sinon les autres, et les uns dans les autres.
Ce qui attend la génération Y, et son grand défi pour demain, c’est une bataille longue et difficile : une guerre contre les idées reçues, un dépassement de soi, surtout : un surpassement –donc : une délivrance. Il ne s’agit pas de nier en bloc notre monde, mais de nous l’approprier et d’y trouver notre place. Et pour cela : voir plus loin que les simples systèmes de référence.
En politique, comprendre que la division gauche-droite n’est plus ce qu’elle était, que de nouvelles divisions coexistent, qui correspondent à d’autres objectifs, et que d’anciennes divisions sont désuètes et doivent disparaître de nos traditions, sinon elles abrutiront notre démocratie. Les hommes ne sont que des hommes. Les idées peuvent changer, doivent évoluer sans cesse, humblement, et ont une formidable capacité à être réinventées. Nous devons dire non à la tyrannie des gardes-chiourmes –les reliques du passé. Repenser la chose publique et la mission de l’Etat.
En société, nous devons construire nos propres réseaux d’appartenance, et refuser d’accepter sans comprendre les inclusions établies par d’autres, trop souvent simplistes et sectaires. Nous devons réapprendre l’Autre. Faire preuve d’empathie. Croire que ma délivrance passe par Lui, Elle et Eux. Rétablir la tolérance en lui donnant à nouveau un but et une fonction originels : elle est le lubrifiant indispensable aux rapports sociaux pacifiques et à la bonne marche de la démocratie.
La même chose pour la religion. Réapprendre à croire, ou à ne pas croire, sans savoir : s’interdire les certitudes et autres jugements hasardeux. S’interdire d’être trop solide. Et justement, pour être plus fort, accepter de n’être pas grand-chose : un petit rien qui chemine, à son rythme, vers un Grand Tout. A ses côtés : d’autres petits riens, ni plus ni moins, qui cheminent eux aussi, et qui nous aident dès lors qu’ils existent.
Enfin : la passion. Car tout cela, cette bataille, notre délivrance, passe d’abord et finalement par la passion. Nous devons la réhabiliter, effectuant ainsi une refonte du premier des mystères. Nos sortons, grâce à elle, du cadre trop étroit que nous ont souhaité les autres. Ainsi, comme disait Henri Saint-Simon (un parent de Louis), et je finirai par ses mots : « La masse comprendrait alors que la raison c’est le bien public, et non le pouvoir ; et elle ne reconnaîtrait rien de plus raisonnable que la passion marchant vers le bien public avec toutes les forces dont elle dispose et qu’elle sait mettre en mouvement. »
(30/09/2010)
Guillaume Sire |
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